Enseignement du Houmach

Méthodes d'enseignement du Houmach dans les petites classes.

Commentaires

Insister sur la compréhension plus que sur la traduction

Dans les petites classes il me semble impératif de passer plus de temps à expliquer le contenu des pessoukim qu'à mémoriser la taduction. D'ailleurs, il arrive que les enfants répètent la traduction des mots sans en comprendre le sens.et la traduction réduit considérablement la portée de chaque mot, lui attribuant un sens unique et limité en francais. Prennons comme exemple le terme de "Tohou vavohou"...

Chéyheyou kol maase'ho lechem chomaim

insister sur la lecture

Il est évident que la priorité dans les petites classes est d'abord la bonne lecture.
la traduction ne vient qu'en second plan. Quant à la compréhension profonde, il ne faut pas brûler les étapes. chaque chose en son temps. il ne faut pas vouloir tout enseigner aux enfants en même temps sous peine de les embrouiller complètement.

Re compréhension plus que traduction

Je comprends votre point de vue, effectivement il est impératif de savoir faire la part des choses et ne pas vouloir faire trop en brûlant les étapes. Mais, le houmach n'est pas un livre de lecture,...
A mon sens, il faut faire comprendre aux enfants qu'à un mot correspond un sens plutot qu'une traduction. Car si tel était le cas, on limite les paroles de la torah à un mot, un sens unique.

Chéyheyou kol maase'ho lechem chomaim

Pour faire avancer le débat

Une modeste contribution à cette réflexion:
- Certes, le חומש n'est pas un livre d'apprentissage de la lecture; cependant, j'ai remarqué que lorsqu'on aidait les élèves à s'approprier la lecture des פסוקים, ils n'étaient plus déstabilisés ou inquiétés par le texte lui-même.
De ce point de vue, il peut même être utile de prononcer les mots avec eux, de les faire répéter après vous, pour que l'articulation et la sonorité des mots leur deviennent familières.
Traduire quelques parties du אדון עולם que les élèves connaissent presque par cœur leur sera plus aisé que de s'attaquer à des פסוקים totalement nouveaux; je pense que vous en conviendrez.
Une fois la lecture du פסוק maîtrisée, son intégration sera hautement facilitée. Mais, bien sûr, un travail d'acquisition de la lecture pourra et devra se faire à d'autre occasion.

- Concernant la traduction, pour les petites classes, je me permets de vous proposer une autre position; en effet, mis à part quelques éléments très brillants, j'ai pu constater que le "flou" est très déstabilisant pour un enfant. Il me semble qu'il faut faire un choix de traduction strict qui nous convienne. On donnera aux élèves un פשט et peut-être un seul, justement pour lui construire son savoir de façon sereine et sûre. Lorsque le premier פשט est bien acquis, on pourra envisager, selon le niveau et l'âge des élèves, d'introduire un deuxième פשט.
Vos élèves, certains de leur savoir, "simple" pour eux, se sentiront en sécurité et pourront aborder d'autres versets avec confiance en eux…et en vous.

- Cependant, votre préoccupation de ne pas enfermer un mot, un concept dans une traduction "limitée", est tout à fait justifiée.
Toute traduction est "trahison" dit-on. C'est vrai, si le lecteur n'a que cette traduction à sa disposition.
Imaginez un lecteur à qui on proposerait plusieurs traductions, lui laissant liberté de faire son ou ses choix. Les traductions seraient alors pour lui un simple outil, lui permettant l'accès simplifié au texte, sans pour autant le limiter, car il en dispose de plusieurs et…il dispose de ses capacités d'analyse, d'interprétation et de critique.
Ainsi, s'agissant d'un élève qui va grandir, dont les concepts et les capacités vont s'épanouir et évoluer, et qui va reprendre ces textes plus tard, il sera amené à se construire son propre פשט ou ses différents פשטים lui-même !!!
Et il n'y a pas lieu de craindre qu'il reste enfermé dans une traduction qui lui aura été donnée étant enfant.

Le véritable travail de l'enseignant consiste donc à établir une traduction qui lui convienne, cohérente avec le reste du texte, et qu'il pourra soutenir et justifier devant l'élève et ses pairs. Alors, ses convictions passeront chez l'élève. Bien entendu, l'enseignant devra malgré tout connaître bon nombre d'autres פשטים ne serait-ce que pour être capable de répondre à l'élève qui aura discerné une difficulté et à qui on ne devra jamais faire prendre des vessies pour des lanternes.
Ceci vaut, bien entendu, pour des élèves de petite classe.
ברכה והצלחה

Le Houmach dans les petites classes.

J'avoue ne pas très bien comprendre.
vous dites que le Houmach n'est pas un livre de lecture. Mais alors, quel est votre livre de lecture dans les petites classes?
Est-ce dégradant que les enfants apprennent à lire correctement dans le 'Houmach?
Est-ce dégradant de simplement apprendre à lire correctement?
Il est évident que la maîtresse qui sort du séminaire peut vouloir transmettre tout son savoir aux petits bambins, mais il faut réfléchir à donner à chaque âge ce qui est nécessaire.
Souvent, le professeur à peur de l'attente des parents, il est des fois important de réunir les parents afin de leur expliquer l'objectif recherché.
Surtout, comme l'a dit justement le précédent contributeur, un enfant qui doit se concentrer pour déchiffrer la lecture, ne réussit pas à assimiler la traduction ou la compréhension, il faut donc d'abord que la lecture soit "acquise"
évidemment, je parle dans les toutes petites classes, ensuite, il 'agit de connaître le niveau de chaque classe .

La lecture et le חומש

Chère Madame,

Supposons que vous étudiez לך לך au CP.
Vous allez faire lire à vos élèves le verset correctement, et plusieurs fois, pour qu'ils l'assimilent le mieux possible.
Je propose même que l'enseignant lise lui-même et fasse répéter la lecture après lui, pour aider les enfants à mieux percevoir et intégrer les phonèmes et l'articulation de mots à la consonance parfois étrange pour eux...

Si, en plus, vous voulez enseigner chaque semaine quelques versets de la paracha de la semaine à vos élèves, pour qu'ils puissent suivre la lecture de la תורה par exemple, bien sûr que vous allez leur faire lire les פסוקים.
Et il n'y a bien évidemment, rien de "dégradant" à cela.

Quant à penser que ce serait "dégradant" d'apprendre simplement à lire correctement, loin de moi cette idée; je vous propose d'ailleurs de trouver sur le site H'oumach et Téfila, un support de lecture "exacte" que notre équipe a composé, justement pour lire parfaitement tous ces textes !!

Dans notre établissement, les élèves ont appris à lire au Gan avec des livres spécialisés d'apprentissage de la lecture tels que le "Massoret ou d'autres. Lorsqu'ils arrivent au CP, leur lecture n'est pas encore fluide; nos professeurs développent alors la fluidité de la lecture à partir de textes que les enfants sont amenés surtout à lire, ( et non à comprendre ou à étudier pour l'instant) tels que ceux de la Téfila, des Zémirot de Chabat, les chants de H'anouka, la Méguilat Esther ou la Haggada parce que nous voulons qu'ils puissent participer à la lecture de ces textes facilement. Nous leur faisons même lire des textes très difficiles comme les Téhilim.

Par contre, lorsque nous "attaquons" le חומש, notre objectif est de leur faire goûter le contenu de ce que le רבונו של עולם nous a transmis comme message ! De ce point de vue, nous ne voulons pas "utiliser" le חומש comme livre d'apprentissage de la lecture au même titre que le "Massoret" ou le "Réchit H'okh'ma"qui sont d'ailleurs mieux construits pour cela!
Si cela peut vous intéresser, je pourrai vous envoyer par e-mail une notice sur "les objectifs de l'enseignement du H'oumach" comme le conçoit notre équipe.